dimanche 20 janvier 2008

* HISTOIRE ET ALLIANCES DE CLASSES


Extrait du texte de Karl Marx

‘‘Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte (1852)’’

« Histoire et alliances de classes » Chapitre 3 -extraits pp48-53- Ed. Sociales 1969

‘‘C’est à la fois une analyse politique des évènements de 1848 et 1851 en France et une analyse sur les classes sociales et les alliances politiques au cours de cette période.

Petits passages qui nous permettent de percevoir, entre autre, que la sociale-démocratie était déjà une manière originale de conserver une place dans le champ politique et une stratégie nouvelle du ‘ni, ni,…’

Evidemment, toute ressemblance avec des situations présentes n’est pas fortuite !’’

Jean LB

Histoire et alliances de classes

De même dans la vie privée, on distingue entre ce qu’un homme dit ou pense de lui et ce qu’il est et fait réellement, il faut distinguer encore davantage dans les luttes historiques, entre la phraséologie et les prétentions des partis et leur constitution et leurs intérêts véritables, entre ce qu’ils s’imaginent être et ce qu’ils sont en réalité.

……En face de la bourgeoisie coalisée, s’était constituée une coalition entre petits bourgeois et ouvriers, le prétendu parti social-démocrate.

Les petits bourgeois s’étaient vus mal récompensés au lendemain des journées de juin 1848. Ils voyaient leurs intérêts matériels menacés et les garanties démocratiques, qui devaient leur assurer la satisfaction de ces intérêts, mises en question par la contre-révolution. Aussi se rapprochèrent-ils des ouvriers.

D’autre part, leur représentation parlementaire, la Montagne, tenue à l’écart pendant la dictature des républicains bourgeois, avait, pendant la seconde moitié de l’existence de la Constituante, grâce à sa lutte contre Bonaparte et les ministres royalistes, reconquis sa popularité perdue.

Elle avait conclu une alliance avec les chefs socialistes. En février 1849, on organisa des banquets de réconciliation. On esquissa un programme commun.

On enleva aux revendications sociales du prolétariat leur pointe révolutionnaire et on leur donna une tournure démocratique.

On enleva aux revendications démocratiques de la petite bourgeoisie leur forme purement politique et on fit ressortir leur pointe socialiste.

C’est ainsi que fut créée la sociale-démocratie.

……Le caractère propre de la sociale-démocratie se résumait en ce qu’elle réclamait des institutions républicaines démocratiques comme moyen, non pas de supprimer les deux extrêmes, le capital et le salariat, mais d’atténuer leur antagonisme et de le transformer en harmonie….C’est la transformation de la société par voie démocratique, mais c’est une transformation dans le cadre petit bourgeois.

…….Ce qui en fait les représentants de la petite bourgeoisie, c’est que leur cerveau ne peut dépasser les limites que le petit bourgeois ne dépasse pas lui-même dans sa vie, et que, par conséquent, ils sont théoriquement poussés aux mêmes problèmes et aux mêmes solutions auxquelles leur intérêt matériel et leur situation sociale poussent pratiquement les petits bourgeois. Tel est, d’une façon générale, le rapport qui existe entre les représentants politiques et littéraires d’une classe et la classe qu’ils représentent.

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