dimanche 20 janvier 2008

* FRACTION DE CLASSES ET CONTRADICTIONS SOCIALES


Extrait du texte de Karl Marx

‘‘Les luttes de classes en France, 1848-1850’’

« Fraction de classes et contradictions sociales » Chapitre 1 -extraits pp38-42 Ed. Sociales 1970

‘‘Ces petits extraits donnent à la fois un éclairage économique à la crise de 1848-1850 et une compréhension de ce qui se passe actuellement en France.

La dette de l’État qui est aujourd’hui le prétexte majeur pour fixer des règles draconiennes au fonctionnement du Service Public–éducation, santé, logement, sécurité sociale,… permet aux aristocrates financiers d’agrandir leurs richesses et d’amplifier leur Pouvoir sur l’organisation Politique de la société.

Toute ressemblance avec la situation présente n’est pas fortuite et il peut être intéressant de remplacer les noms des aristocrates financiers d’hier par ceux d’aujourd’hui !’’

Jean LB


Fraction de classes et contradictions sociales

Après la révolution de Juillet, lorsque le banquier libéral Lafitte conduisit en triomphe son compère le duc d’Orléans à l’Hôtel de Ville, il laissa échapper ces mots : « Maintenant, le règne des banquiers va commencer ». Lafitte venait de trahir le secret de la révolution.

Ce n’est pas la bourgeoisie française qui régnait sous Louis-Philippe, mais une fraction de celle-ci :banquiers, rois de la Bourse, rois des chemins de fer, propriétaires de mines de charbon et de fer, propriétaires de forêts et la partie de la propriété foncière ralliée à eux, ce que l’on appelle l’aristocratie financière. Installée sur le trône, elle dictait des lois aux Chambres, distribuait les charges publiques, depuis les ministres jusqu’aux bureaux de tabac.

…..La pénurie financière mit, dès le début, la monarchie de Juillet sous la dépendance de la haute bourgeoisie et cette dépendance devint la source inépuisable d’une gêne financière croissante. Impossible de subordonner la gestion de l’Etat à l’intérêt de la production nationale sans établir l’équilibre du budget, c'est-à-dire l’équilibre entre les dépenses et les recettes de l’Etat.

Et comment rétablir cet équilibre sans réduire le train de l’État, c'est-à-dire sans léser des intérêts qui étaient autant de soutiens du système dominant, et sans réorganiser l’assiette des impôts, c'est-à-dire sans rejeter une notable partie du fardeau fiscal sur les épaules de la grande bourgeoisie elle-même ?

L’endettement de l’État était, bien au contraire, d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des chambres. C’était précisément le déficit de l’État, qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables

…..Pendant que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique par la force des faits et par la presse, dans toutes le sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne, se reproduisait la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante.


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